Texte qui donne déjà quelques éléments de réponse concernant le secret des dasypéènn.
Pour une fois, ca me change de ne pas faire un texte violent ^^
Si vous voyez des fautes ou des erreurs, dites-le moi :)
Les rues de la capitale étaient sombres. L'heure était plutôt avancée et seule la lumière des astres permettait au tout-venant de ne pas trébucher sur
les pavés irréguliers.
Les rues étaient calmes à cette heure-ci dans ce quartier de la ville et le silence n'était troublé que par des pas vifs se dirigeant vers une maison
d'allure modeste.
La personne faisant ce bruit redondant qu'est le claquement des bottes de cuir sur le sol n'était autre qu'une dasypéènn à l'allure élancée. Son visage
était gracieux, pour peu que l'on appréciait l'apparence de cette race, et seule une petite cicatrice sur la joue semblait jouer les trouble-fêtes dans
l'harmonie de ses traits. Elle était vêtu d'une armure de cuir complète de fènèrr qui la couvrait du cou jusqu'aux pieds. Elle avait dans son dos une
arbalète de taille moyenne tenue par deux attaches, ainsi qu'une lame courte à la ceinture. Les dasypéènn ne se séparent jamais de leurs armes, elles sont
leur symbole et leur vie, il est donc hors de question pour eux de les laisser sans surveillance au risque de se les faire voler.
Elle marchait d'un pas sûr dans les rues désertes, sans se prendre les pieds dans les pavés. Être nyctalope à des avantages par moments. Elle ne
craignait pas de se faire attaquer par des coupe-jarrets car elle savait très bien que cette vermine ne s'attaquait pas aux dasypéènn, trop risqué pour
ces couards qui cherchent l'argent facile.
La guerrière arriva enfin devant la batisse vers laquelle elle se dirigeait. On voyait de la lumière passer à travers les interstices des volets, faisant
savoir à la kiles qu'ils n'étaient pas encore couchés. Elle s'avanca et donna trois coups vigoureux sur la porte. Il fallut presque une lyvè pour que
quelqu'un se décide enfin à entre-ouvrir celle-ci.
Une voix masculine et peu aimable sortit de la porte entrebaillée :
"Qu'est ce que vous voulez ? Qui est-ce ?
- Meranne
- Meranne ? Mais qu'est ce vous faites là à cette heure-ci ?"
Le vulpes ouvrit la porte et laissa entrer la kiles avant de refermer derrière elle.
"Ce n'est pas prudent de se balader dans les rues de la capitale la nuit vous savez.
- Il fallait que je vienne. Je voudrais voir Fennmèn."
Le vulpes la regarda un instant, comme s'il cherchait à connaitre la véritable raison pour laquelle la guerrière était venue.
"Ca je me doute bien que vous ne venez pas pour nous voir nous, dit-il en plaisantant. Chaque fois c'est la même chose : vous venez sans prévenir et à
n'importe quelle heure juste pour écouter les états d'âmes de notre fille adoptive. Qu'est ce que vous craignez ? Elle est très heureuse ici !
- Je n'en doute pas."
Le renard regarda la tatou, qui faisait bien 20 centimètres de plus que lui, et dit dans un soupir :
"Je présume que comme à chaque fois vous n'allez pas me donnez les véritables raisons de vos visites fréquentes chez nous, et chez les autres couples
ayant adoptés de jeunes zerdaènn albinos ?
- Vous présumez bien, Hern. Je suis désolée de passer à cette heure-ci et je suis bien consciente que c'est un manque de courtoisie mais c'est très
important."
Le goupil se résigna, après tout elle n'avait jamais causé de soucis ni à eux ni aux autres couples. Et puis, plus vite elle aurait vu Fennmèn, plus vite
elle serait partie.
Dans leur territoire d'origine, les zerdas qui naissent albinos sont persécutés en raison de nombreuses croyances religieuses. Ils sont même parfois
assassinés par des groupuscules radicaux, voir par des foules en colère qui estiment que c'est leur faute si tel catastrophe à eu lieu. C'est pour cela
que les jeunes albinos sont envoyés à la capitale ou aileurs dans le territoire des vulpes par leurs parents, ou là ils peuvent échapper à ces actes de
barbarie. Le gouvernement de l'empire fît d'ailleurs de son mieux, sous la pression populaire, pour faire accueillir ces enfants convenablement.
De nombreuses familles se proposèrent pour adopter ces jeunes.
Les dasypéènn semblèrent s'intéresser aux zerdas albinos avant les autorités, surement en raison du fait qu'ils cherchent à comprendre un maximum de
choses. Certains vont même voir en personne les jeunes zerdas, cherchant on ne sait trop quoi. Généralement, les parents les laissent voir les jeunes
car ces derniers semblent apaisés quand les tatous s'approchent d'eux et ils racontent volontairement des choses qu'ils n'osent même pas dire à leur
entourage. Un peu comme des confidents en somme.
Il est toutefois étonnant de voir que ce sont toujours des femelles Kiles qui viennent voir les albinos. Une rumeur prétend que c'est parce que les Kiles
sont plus douces et compréhensives que les Jyenn ou que les mâles.
On ne peux que spéculer sur les raisons qui poussent les dasypéènn à s'intéresser de si près aux zerdaènn albinos, les tatous ne laissants filtrer aucun
indices sur leurs intentions. Ce qui est sûr, c'est que les albinos ne sont pas considérés comme de vulgaires cobayes car les tatous demandent toujours
comment les jeunes albinos vont, leurs sentiments, leurs envies....
Meranne était l'une de ces Kiles là. En poste à la garde de la ville, elle se rendait parfois vers les jeunes albinos de ce quartier pour leur poser
quelques questions et pour les rassurer quand ils avaient des doutes. Les parents voyaient plutôt cela d'un mauvais oeil mais les jeunes zerdas, eux,
appréciaient "cette grande dame très gentille".
Hern mena la guerrière à travers la petite maison jusqu'à une chambre éclairée par une bougie. La pièce était toute simple et ne comptait que quelques
meubles, classique dans ces quartiers peu aisés, mais elle n'était pas vétuste pour autant. Tout était convenablement entretenu et tout à fait viable
pour qu'une petite fille puisse y vivre. La petite était justement dans la pièce, assise sur son lit et le regard dans le vide, sa poupée fortement
serrée contre elle comme pour la rassurer. Elle avait également l'air d'avoir pleuré. Sa mère adoptive, nommée Kevena, se trouvait en face d'elle à hauteur
de son visage, mais elle semblait désemparée.
Hern s'adressa à Meranne :
"Juste avant votre arrivée, elle s'est réveillée en criant. Elle à l'air d'avoir fait un sacré cauchemar. On essaye de la rassurer mais elle est inconsolable."
Kevena se retourna et sembla très étonnée de voir Meranne se tenir dans l'encadrement de la porte. La jeune zerda, elle, jeta à peine un regard vers la
nouvelle arrivante et se remit à pleurer doucement. Meranne s'avanca vers elle, prenant la place de la vulpes, qui alla à coté de son mari.
"Mais que fait-elle là à cette heure-ci ? chuchota Kevena à Hern
- Je ne sais pas. Je lui ai ouvert parce que la petite semble plus loquace avec elle qu'avec nous. Mais j'ignore pourquoi elle est venue en pleine nuit.
- Tu crois que c'est un hasard ?"
Hern ne répondit rien, il observait la dasypéènn qui venait de s'agenouiller devant leur fille.
Kevena continua à voix basse :
"Et pour ces cauchemars, tu crois qu'elle est au courant ?
- CES cauchemars ? Vous voulez dire que ce n'est pas la première fois ?"
Meranne avait écouté du coin de l'oreille les chuchotements pendant qu'elle essuyait les larmes de la petite. Elle était à présent tournée vers les parents,
toujours agenouillée devant la zerda.
C'est Hern qui répondit le premier :
"Cela fait presque un mois que parfois elle fait des cauchemars.
- Mais là, cela fait quatres jours de suite qu'elle en fait, dit la mère les larmes aux yeux. Mais qu'est ce qui lui arrive par Kyalla ?"
La dasypéènn ne dit rien et se tourna vers la petite albinos. Elle dit d'une voix douce :
"Tu veux bien me parler de ces cauchemars ?"
La zerda hocha faiblement la tête pour dire oui.
"Alors raconte-moi, qu'est ce qu'il se passe dans ces cauchemars ?"
La fillette semblait hésiter, comme si elle avait fait une bêtise.
"Tu peux me le dire, je ne vais pas te gronder et tes parents non plus"
La jeune fille regarda ses parents adoptifs. Ceux-ci restaient dans l'encadrement de la porte et n'osaient rien dire de peur faire plonger l'albinos dans
le mutisme. Enfin elle se lança :
"Dans les cauchemars, je... je vois des monsieurs bizarres. Ils sont comme mon copain Mrïins mais ils ne sont pas tout gris comme lui. Ils sont tout blancs,
avec des yeux rouges.... Comme moi..."
Meranne dit sur un ton encourageant :
"Tu t'en sors très bien ma chérie. Continue
- Ca c'était toutes les autres fois mais aujourd'hui..... Il.... Il m'a dit que tu allait venir !"
La petite éclata subitement en sanglots. Meranne, elle, resta muette et continua à avoir un visage neutre, malgré le fait que cette nouvelle l'inquiétait
au plus au point.
"Qui t'a dit que j'allais venir ? dit la dasypéènn en secouant presque la jeune fille pour qu'elle réponde. Dis-moi qui c'est, c'est très important !
- Je.... sais pas, répondit la petite tout en continuant à pleurer, je le voyais mal. Il était tout blanc lui aussi et il avait deux cornes sur la tête..."
La guerrière enlaça la jeune zerda, qui fît de même. Il fallait qu'elle réconforte la petite pour qu'elle continue à parler. Elle susurra à son oreille :
"Je suis très contente de toi, tu à été très courageuse de me dire ça. Mais il faut que je sache, qu'est ce que le monsieur tout blanc t'a dit d'autre ?"
La petite déssera son étreinte et se rassit sur son lit, puis elle continua :
"Il m'a dit que tu venait pour me faire du mal, que tu ne m'aimais pas. Il m'a dit tout ceux qui te ressemble sont des menteurs et qu'ils n'aimaient pas
Kyalla, que vous étiez des méchants. Il à dit aussi que vous alliez faire du mal à maman et à papa"
Meranne se mordit la lèvre pour s'empêcher de hurler de rage. Elle parvint finalement à se contenir et dit :
"Tu lui à répondu quelque chose à ce monsieur ?
- Oui, je lui ai dit que c'était lui le menteur. Il n'a rien dit pendant un moment puis il à essayé de m'attrapper avec sa main alors je suis partie en
courant mais plus je courrais et plus il s'approchait de moi. Il a dit qu'il allait me faire des choses mais je n'ai pas compris ce que c'était. Après
il à attrappé mon bras et il m'a dit de te répéter une phrase...
- Qu'est ce que c'était ? Tu t'en souviens ?"
La petite hocha la tête positivement et elle dit :
"Il à dit : le sang des innocents sera versé et il souillera votre perfection au plus profond de votre être"
Meranne était littéralement horrifiée par ce qu'elle venait d'entendre. Il était impossible que la fillette ai inventée cette phrase, et même si elle
l'aurait lu quelque part, elle ne l'aurait pas si bien retenue. Il n'y avait donc pas de doutes possible, c'était vrai. Elle jeta un regard rapide vers
les parents et ceux-ci étaient choqués, bien qu'ils ne comprennaient pas tout ce que leur fille disait.
La zerda vît que la kiles était déstabilisée et elle se remit à pleurer, en pensant qu'elle avait dit une bêtise. Meranne se ressaisit et consola la petite
avec des phrases bien choisies et réconfortantes. Elle finit par faire re-coucher la fillette dans son lit, à la border, puis à lui dire :
"Si le méchant monsieur ou les autres monsieurs tout blancs qui ressemblent à ton ami reviennent, imagine que tu est avec ta poupée et que ta poupée se
transforme en personne comme moi.
- Comme toi ? demanda la petite qui visiblement n'avait pas trop compris.
- Oui, comme moi. Grande, avec une peau grise, avec une arbalète, et avec une tête bizarre !" dit-elle avec un ton amusé.
La fillette se mit à rire de bon coeur, en ayant presque oublié ce qui lui était arrivé cette nuit. Puis elle demanda :
"Mais pourquoi il faut que ma poupée te ressemble ?
- Parce que comme ça, les méchants n'oseront pas s'approcher de toi. Et là tu verra que ce seront eux qui courront pour s'enfuir, lui dit-elle avec un
clin d'oeil."
La jeune zerda rit de nouveau, puis finie par se coucher convenablement tout en serrant sa poupée contre elle. Meranne fit un petit baiser sur le front
de la jeune fille, puis sortit de la pièce accompagnée des deux parents. ceux-ci, bien qu'un peu inquiets par ce qu'ils avaient entendus étaient rassurés
de voir que leur fille adoptive allait bien.
Meranne dit aux parents: "Venez, je dois vous parler."
La dasypéènn mena les vulpes près de la porte d'entrée, assez loin pour que la petite n'entende pas ce qu'elle avait à leur dire :
"Je ne vais pas vous mentir, votre fille ne va pas si bien que ça. Mais je vais tout faire pour que cela aille mieux.
- Mais enfin, qu'est ce qu'elle à ? dit le père de la petite. Ce n'est pas .... une malédiction au moins ?"
Meranne prit alors un air indigné :
"Ah non mais vous n'allez quand même pas croire ces rumeurs stupides ? Les zerdaènn albinos ne sont pas atteints d'une malédiction, d'une maladie et de
quoi que ce soit de ce genre ! Ces rumeurs sont répandues par des incultes et par des imbéciles !
- Je.... Je vous prie de me pardonner mais on entend tellement de choses ces temps-ci.... Et puis vous ne nous dites jamais ce qu'elle à vraiment. J'imagine
que cette fois-ci aussi vous garderez le silence ?"
La guerrière ne répondit rien pendant un moment, puis :
"J'aimerais tellement pouvoir vous le dire mais.... je ne peux pas.
- Mais alors que voulait dire ces histoires de monsieurs tout blancs ? Et toutes ces histoires sur la bonne foi de votre race ? Les votres nous mentent-ils
vraiment ?
- Chéri enfin ! sortit Kevena. Ce sont des serviteurs de Kyalla ! Leurs paroles ne pourraient être mises en doute. Et tu connais leur réputation de toujours
dire la vérité quoiqu'il arrive, non ?
- Oui....Je..... (soupir) Pardonnez-moi d'avoir dit ça Meranne. J'espère que je ne vous ai pas vexée ?
- Non, rassurez-vous. Et à vrai dire je comprend vos doutes concernant notre race. Nous parlons si peu de nous qu'il est normal que vous n'ayez pas totalement
confiance. J'aimerais tellement pouvoir vous parlez plus en détails de... ce que votre fille à décrit mais... je ne peux pas, je ne doit pas...
- Partez sans crainte, nous vous faisons confiance ! dit Kevana. Je sais que vous soignerez Fennmèn quoiqu'elle puisse avoir !"
Meranne avait toujours été étonnée par la confiance que prodiguait certain vulpes envers leur race... mais elle était encore plus étonnée par leur naïveté
et leur crédulité par moments. Toutefois, la phrase qu'elle sortit en guise de réponse lui venait droit du coeur :
"Je la protègerais, jusqu'à la dernière goutte de mon sang."
Sur ces mots, elle ouvrit la porte de l'entrée, fît un dernier au revoir d'un signe de la tête puis disparut dans la nuit froide et silencieuse.
Hern referma la porte derrière elle et revint près de sa femme pour lui demander :
"Tu crois vraiment qu'on peut lui faire confiance ?"
Kevana, qui n'avait pas quittée son sourire, lui répondit :
"Bien sûr ! Tu à encore des doutes sur sa bonne foi ?
- Un peu, oui.
- Moi, je lui fais confiance. Tu à vu comme elle à rassuré Fennmèn tout à l'heure ? Pourquoi l'aurait-elle fait si elle n'appréciait pas vraiment notre
fille ? C'est une servante de Kyalla, ne l'oublie pas.
Qu'importe ce que disait sa femme, le vulpes avait toujours un doute quand à la franchise de la guerrière. Il n'était pas aussi crédule et pieux que son
épouse, il savait que faire parti de la même religion n'empêchait pas certaines personnes de faire des coups en traitre ou de mentir.
Pourtant, les paroles de la dasypéènn étaient sincères. Meranne pensait vraiment ce qu'elle venait de dire.
Tout en marchant dans les ruelles sombres, elle ressassait sans cesse ce que Fennmèn lui avait décrit. En particulier le message que l'enfant lui avait
répété.
Certains événements allaient recommencer. Et cette fois-ci, personne n'y échapperait.
Après une longue marche elle arrivait enfin chez elle, une maison toute simple, les dasypéènn n'ont pas besoin de grands palaces. Il fallait qu'elle dise
tout cela à quelqu'un, et ce quelqu'un c'était son compagnon. Elle se doutait bien qu'à cette heure-ci, il ne dormait pas. Il était probablement en train
de faire quelques expérimentations sur toutes les choses qu'il étudiait de fond en comble. Et elle ne se trompa pas.
Après qu'elle fût entrée, elle trouva Dérèmme prèt de son bureau. Eclairé d'une bougie, il était en train d'examiner à la loupe une plante qui ressemblait
à un simple brin d'herbe.
Meranne sortit :
"Qu'est ce que tu étudie, mon protecteur ?
- Une herbe nommée "Fourrure de déesse", répondit-il sans même lever les yeux, ainsi appelée par nos amis les felis en raison du fait qu'elle serait aussi
douce que la fourrure de Kyalla. Pas étonnant qu'il l'ai nommée comme ça quand on sait qu'ils sont assez pieux ces félins. Peut-être cette plante pourra
être utile à notre peuple d'une quelconque façon ? Il parait qu'elle aide à la digestion et qu'elle peut soigner certains poisons."
Tout en l'écoutant, Meranne avait déposée ses armes sur le ratelier et avait commencée à enlever son armure de cuir qu'elle avait portée toute la journée.
Elle annonçat :
"La petite que je suis allée voir tout à l'heure m'a délivrée un message.
- Quelle petite ? Ah oui, l'une des zerdas sur qui tu veille ?
- Oui, l'une de celles-ci.
- Et de qui était ce message et que disait-il ?"
La guerrière hésita un instant puis répondit :
"Le sang des innocents sera versé et il souillera votre perfection au plus profond de votre être"
Dérèmme se figea soudainement. Il n'était pas sûr d'avoir bien entendu ce qu'il avait cru entendre et quand il se retourna vers Meranne et qu'il vit son
air grave, il sut que son ouïe ne lui avait pas joué un tour.
"Pas la peine de me dire qui à donné ce message à la petite.... Le style est facilement reconnaissable."
Un silence pesant s'installa dans la pièce. Meranne s'était assise sur le lit et regardait son conjoint avec une pointe d'inquiétude. Ce dernier semblait
réfléchir intensément. Parfois, il marmonnait des paroles qui ressemblaient à des réflexions à hautes voix.
La femelle n'aimait pas voir Dérèmme comme ça, il avait vécu tellement de choses dans sa longue vie que parfois elle sentait que de lointains souvenirs
le hantaient toujours. Elle savait qu'il avait vécu des choses abominables, dont la Purge, à laquelle il avait lui même participé.
Il était bien plus agé qu'elle mais cela ne gênait ni l'un ni l'autre car c'était très commun chez leur race, les mâles vivant presque trois fois plus
longtemps que les femelles.
Elle laissait donc son mâle, plus expérimenté, évaluer la situation. Tout en pensant à ce qu'elle avait vécue aujourd'hui, elle enleva le reste de son
armure de cuir, ainsi que le reste de ses vêtements.
Dérèmme finit par déclarer :
"Nous en parlerons demain avec nos compatriotes à la caserne. Nous allons devoir avertir ceux qui sont restés chez nous aussi. Peut-être enfin ceux de la
branche de la diplomatie en parlerons aux autres races maintenant que ce que nous craignions est une certitude.
- Et.... les Felisaènn ? hésita Meranne. Comment vont-ils réagir à ton avis ?"
Le mâle lacha un profond soupir :
"Très mal, il n'y à aucun doute là-dessus. Les Zerdaènn, eux, ne voudront pas nous croire. Cela va être un vrai choc pour ces deux races."
Le tatou vint s'asseoir sur le lit près de celle qu'il aime. Il prit ses mains dans les siennes.
"Je sais que tu t'est attachée aux enfants à qui tu rend visite. Nous chercherons un moyen d'empêcher qu'ils ne soient souillés... et avec l'aide des autres
races nous y arriverons peut-être mais.... tu sais ce qui va leur arriver...."
Des pleurs commencaient à monter aux yeux de la kiles.
"Je m'étais faite à l'idée dans le cas ou ce que nous soupçoniont soit avéré mais maintenant que c'est le cas.... je ne peux plus m'empêcher de penser
à eux.... Fennmèn, Jynnèr, Klem.... pourvu que nous trouvions un moyen d'empêcher cela.
- Nous le trouverons, nous ne resterons pas les bras balants en attendant qu'une troisième race succombe à cette ignominie !
Plusieurs larmes perlaient le long des joues de Meranne. Elle regarda Dérèmme intensément et le mâle vit dans ses yeux un regard qu'il connaissait bien.
Il signifiait "Fais moi oublier tout cela. Sers-moi dans tes bras..... Aime-moi"
Les deux dasypéènn profitèrent de ce moment de quiétude. Le genre de moments qui manqueraient dans l'avenir. Car que les autres races se rallient à
eux ou non, une guerre approchait. Une guerre comme seul les dasypéènn la connaisse. Une guerre comme la surface n'avait jamais vécue.
Et cette fois-ci, personne n'y échapperait.
Pour une fois, ca me change de ne pas faire un texte violent ^^
Si vous voyez des fautes ou des erreurs, dites-le moi :)
Les rues de la capitale étaient sombres. L'heure était plutôt avancée et seule la lumière des astres permettait au tout-venant de ne pas trébucher sur
les pavés irréguliers.
Les rues étaient calmes à cette heure-ci dans ce quartier de la ville et le silence n'était troublé que par des pas vifs se dirigeant vers une maison
d'allure modeste.
La personne faisant ce bruit redondant qu'est le claquement des bottes de cuir sur le sol n'était autre qu'une dasypéènn à l'allure élancée. Son visage
était gracieux, pour peu que l'on appréciait l'apparence de cette race, et seule une petite cicatrice sur la joue semblait jouer les trouble-fêtes dans
l'harmonie de ses traits. Elle était vêtu d'une armure de cuir complète de fènèrr qui la couvrait du cou jusqu'aux pieds. Elle avait dans son dos une
arbalète de taille moyenne tenue par deux attaches, ainsi qu'une lame courte à la ceinture. Les dasypéènn ne se séparent jamais de leurs armes, elles sont
leur symbole et leur vie, il est donc hors de question pour eux de les laisser sans surveillance au risque de se les faire voler.
Elle marchait d'un pas sûr dans les rues désertes, sans se prendre les pieds dans les pavés. Être nyctalope à des avantages par moments. Elle ne
craignait pas de se faire attaquer par des coupe-jarrets car elle savait très bien que cette vermine ne s'attaquait pas aux dasypéènn, trop risqué pour
ces couards qui cherchent l'argent facile.
La guerrière arriva enfin devant la batisse vers laquelle elle se dirigeait. On voyait de la lumière passer à travers les interstices des volets, faisant
savoir à la kiles qu'ils n'étaient pas encore couchés. Elle s'avanca et donna trois coups vigoureux sur la porte. Il fallut presque une lyvè pour que
quelqu'un se décide enfin à entre-ouvrir celle-ci.
Une voix masculine et peu aimable sortit de la porte entrebaillée :
"Qu'est ce que vous voulez ? Qui est-ce ?
- Meranne
- Meranne ? Mais qu'est ce vous faites là à cette heure-ci ?"
Le vulpes ouvrit la porte et laissa entrer la kiles avant de refermer derrière elle.
"Ce n'est pas prudent de se balader dans les rues de la capitale la nuit vous savez.
- Il fallait que je vienne. Je voudrais voir Fennmèn."
Le vulpes la regarda un instant, comme s'il cherchait à connaitre la véritable raison pour laquelle la guerrière était venue.
"Ca je me doute bien que vous ne venez pas pour nous voir nous, dit-il en plaisantant. Chaque fois c'est la même chose : vous venez sans prévenir et à
n'importe quelle heure juste pour écouter les états d'âmes de notre fille adoptive. Qu'est ce que vous craignez ? Elle est très heureuse ici !
- Je n'en doute pas."
Le renard regarda la tatou, qui faisait bien 20 centimètres de plus que lui, et dit dans un soupir :
"Je présume que comme à chaque fois vous n'allez pas me donnez les véritables raisons de vos visites fréquentes chez nous, et chez les autres couples
ayant adoptés de jeunes zerdaènn albinos ?
- Vous présumez bien, Hern. Je suis désolée de passer à cette heure-ci et je suis bien consciente que c'est un manque de courtoisie mais c'est très
important."
Le goupil se résigna, après tout elle n'avait jamais causé de soucis ni à eux ni aux autres couples. Et puis, plus vite elle aurait vu Fennmèn, plus vite
elle serait partie.
Dans leur territoire d'origine, les zerdas qui naissent albinos sont persécutés en raison de nombreuses croyances religieuses. Ils sont même parfois
assassinés par des groupuscules radicaux, voir par des foules en colère qui estiment que c'est leur faute si tel catastrophe à eu lieu. C'est pour cela
que les jeunes albinos sont envoyés à la capitale ou aileurs dans le territoire des vulpes par leurs parents, ou là ils peuvent échapper à ces actes de
barbarie. Le gouvernement de l'empire fît d'ailleurs de son mieux, sous la pression populaire, pour faire accueillir ces enfants convenablement.
De nombreuses familles se proposèrent pour adopter ces jeunes.
Les dasypéènn semblèrent s'intéresser aux zerdas albinos avant les autorités, surement en raison du fait qu'ils cherchent à comprendre un maximum de
choses. Certains vont même voir en personne les jeunes zerdas, cherchant on ne sait trop quoi. Généralement, les parents les laissent voir les jeunes
car ces derniers semblent apaisés quand les tatous s'approchent d'eux et ils racontent volontairement des choses qu'ils n'osent même pas dire à leur
entourage. Un peu comme des confidents en somme.
Il est toutefois étonnant de voir que ce sont toujours des femelles Kiles qui viennent voir les albinos. Une rumeur prétend que c'est parce que les Kiles
sont plus douces et compréhensives que les Jyenn ou que les mâles.
On ne peux que spéculer sur les raisons qui poussent les dasypéènn à s'intéresser de si près aux zerdaènn albinos, les tatous ne laissants filtrer aucun
indices sur leurs intentions. Ce qui est sûr, c'est que les albinos ne sont pas considérés comme de vulgaires cobayes car les tatous demandent toujours
comment les jeunes albinos vont, leurs sentiments, leurs envies....
Meranne était l'une de ces Kiles là. En poste à la garde de la ville, elle se rendait parfois vers les jeunes albinos de ce quartier pour leur poser
quelques questions et pour les rassurer quand ils avaient des doutes. Les parents voyaient plutôt cela d'un mauvais oeil mais les jeunes zerdas, eux,
appréciaient "cette grande dame très gentille".
Hern mena la guerrière à travers la petite maison jusqu'à une chambre éclairée par une bougie. La pièce était toute simple et ne comptait que quelques
meubles, classique dans ces quartiers peu aisés, mais elle n'était pas vétuste pour autant. Tout était convenablement entretenu et tout à fait viable
pour qu'une petite fille puisse y vivre. La petite était justement dans la pièce, assise sur son lit et le regard dans le vide, sa poupée fortement
serrée contre elle comme pour la rassurer. Elle avait également l'air d'avoir pleuré. Sa mère adoptive, nommée Kevena, se trouvait en face d'elle à hauteur
de son visage, mais elle semblait désemparée.
Hern s'adressa à Meranne :
"Juste avant votre arrivée, elle s'est réveillée en criant. Elle à l'air d'avoir fait un sacré cauchemar. On essaye de la rassurer mais elle est inconsolable."
Kevena se retourna et sembla très étonnée de voir Meranne se tenir dans l'encadrement de la porte. La jeune zerda, elle, jeta à peine un regard vers la
nouvelle arrivante et se remit à pleurer doucement. Meranne s'avanca vers elle, prenant la place de la vulpes, qui alla à coté de son mari.
"Mais que fait-elle là à cette heure-ci ? chuchota Kevena à Hern
- Je ne sais pas. Je lui ai ouvert parce que la petite semble plus loquace avec elle qu'avec nous. Mais j'ignore pourquoi elle est venue en pleine nuit.
- Tu crois que c'est un hasard ?"
Hern ne répondit rien, il observait la dasypéènn qui venait de s'agenouiller devant leur fille.
Kevena continua à voix basse :
"Et pour ces cauchemars, tu crois qu'elle est au courant ?
- CES cauchemars ? Vous voulez dire que ce n'est pas la première fois ?"
Meranne avait écouté du coin de l'oreille les chuchotements pendant qu'elle essuyait les larmes de la petite. Elle était à présent tournée vers les parents,
toujours agenouillée devant la zerda.
C'est Hern qui répondit le premier :
"Cela fait presque un mois que parfois elle fait des cauchemars.
- Mais là, cela fait quatres jours de suite qu'elle en fait, dit la mère les larmes aux yeux. Mais qu'est ce qui lui arrive par Kyalla ?"
La dasypéènn ne dit rien et se tourna vers la petite albinos. Elle dit d'une voix douce :
"Tu veux bien me parler de ces cauchemars ?"
La zerda hocha faiblement la tête pour dire oui.
"Alors raconte-moi, qu'est ce qu'il se passe dans ces cauchemars ?"
La fillette semblait hésiter, comme si elle avait fait une bêtise.
"Tu peux me le dire, je ne vais pas te gronder et tes parents non plus"
La jeune fille regarda ses parents adoptifs. Ceux-ci restaient dans l'encadrement de la porte et n'osaient rien dire de peur faire plonger l'albinos dans
le mutisme. Enfin elle se lança :
"Dans les cauchemars, je... je vois des monsieurs bizarres. Ils sont comme mon copain Mrïins mais ils ne sont pas tout gris comme lui. Ils sont tout blancs,
avec des yeux rouges.... Comme moi..."
Meranne dit sur un ton encourageant :
"Tu t'en sors très bien ma chérie. Continue
- Ca c'était toutes les autres fois mais aujourd'hui..... Il.... Il m'a dit que tu allait venir !"
La petite éclata subitement en sanglots. Meranne, elle, resta muette et continua à avoir un visage neutre, malgré le fait que cette nouvelle l'inquiétait
au plus au point.
"Qui t'a dit que j'allais venir ? dit la dasypéènn en secouant presque la jeune fille pour qu'elle réponde. Dis-moi qui c'est, c'est très important !
- Je.... sais pas, répondit la petite tout en continuant à pleurer, je le voyais mal. Il était tout blanc lui aussi et il avait deux cornes sur la tête..."
La guerrière enlaça la jeune zerda, qui fît de même. Il fallait qu'elle réconforte la petite pour qu'elle continue à parler. Elle susurra à son oreille :
"Je suis très contente de toi, tu à été très courageuse de me dire ça. Mais il faut que je sache, qu'est ce que le monsieur tout blanc t'a dit d'autre ?"
La petite déssera son étreinte et se rassit sur son lit, puis elle continua :
"Il m'a dit que tu venait pour me faire du mal, que tu ne m'aimais pas. Il m'a dit tout ceux qui te ressemble sont des menteurs et qu'ils n'aimaient pas
Kyalla, que vous étiez des méchants. Il à dit aussi que vous alliez faire du mal à maman et à papa"
Meranne se mordit la lèvre pour s'empêcher de hurler de rage. Elle parvint finalement à se contenir et dit :
"Tu lui à répondu quelque chose à ce monsieur ?
- Oui, je lui ai dit que c'était lui le menteur. Il n'a rien dit pendant un moment puis il à essayé de m'attrapper avec sa main alors je suis partie en
courant mais plus je courrais et plus il s'approchait de moi. Il a dit qu'il allait me faire des choses mais je n'ai pas compris ce que c'était. Après
il à attrappé mon bras et il m'a dit de te répéter une phrase...
- Qu'est ce que c'était ? Tu t'en souviens ?"
La petite hocha la tête positivement et elle dit :
"Il à dit : le sang des innocents sera versé et il souillera votre perfection au plus profond de votre être"
Meranne était littéralement horrifiée par ce qu'elle venait d'entendre. Il était impossible que la fillette ai inventée cette phrase, et même si elle
l'aurait lu quelque part, elle ne l'aurait pas si bien retenue. Il n'y avait donc pas de doutes possible, c'était vrai. Elle jeta un regard rapide vers
les parents et ceux-ci étaient choqués, bien qu'ils ne comprennaient pas tout ce que leur fille disait.
La zerda vît que la kiles était déstabilisée et elle se remit à pleurer, en pensant qu'elle avait dit une bêtise. Meranne se ressaisit et consola la petite
avec des phrases bien choisies et réconfortantes. Elle finit par faire re-coucher la fillette dans son lit, à la border, puis à lui dire :
"Si le méchant monsieur ou les autres monsieurs tout blancs qui ressemblent à ton ami reviennent, imagine que tu est avec ta poupée et que ta poupée se
transforme en personne comme moi.
- Comme toi ? demanda la petite qui visiblement n'avait pas trop compris.
- Oui, comme moi. Grande, avec une peau grise, avec une arbalète, et avec une tête bizarre !" dit-elle avec un ton amusé.
La fillette se mit à rire de bon coeur, en ayant presque oublié ce qui lui était arrivé cette nuit. Puis elle demanda :
"Mais pourquoi il faut que ma poupée te ressemble ?
- Parce que comme ça, les méchants n'oseront pas s'approcher de toi. Et là tu verra que ce seront eux qui courront pour s'enfuir, lui dit-elle avec un
clin d'oeil."
La jeune zerda rit de nouveau, puis finie par se coucher convenablement tout en serrant sa poupée contre elle. Meranne fit un petit baiser sur le front
de la jeune fille, puis sortit de la pièce accompagnée des deux parents. ceux-ci, bien qu'un peu inquiets par ce qu'ils avaient entendus étaient rassurés
de voir que leur fille adoptive allait bien.
Meranne dit aux parents: "Venez, je dois vous parler."
La dasypéènn mena les vulpes près de la porte d'entrée, assez loin pour que la petite n'entende pas ce qu'elle avait à leur dire :
"Je ne vais pas vous mentir, votre fille ne va pas si bien que ça. Mais je vais tout faire pour que cela aille mieux.
- Mais enfin, qu'est ce qu'elle à ? dit le père de la petite. Ce n'est pas .... une malédiction au moins ?"
Meranne prit alors un air indigné :
"Ah non mais vous n'allez quand même pas croire ces rumeurs stupides ? Les zerdaènn albinos ne sont pas atteints d'une malédiction, d'une maladie et de
quoi que ce soit de ce genre ! Ces rumeurs sont répandues par des incultes et par des imbéciles !
- Je.... Je vous prie de me pardonner mais on entend tellement de choses ces temps-ci.... Et puis vous ne nous dites jamais ce qu'elle à vraiment. J'imagine
que cette fois-ci aussi vous garderez le silence ?"
La guerrière ne répondit rien pendant un moment, puis :
"J'aimerais tellement pouvoir vous le dire mais.... je ne peux pas.
- Mais alors que voulait dire ces histoires de monsieurs tout blancs ? Et toutes ces histoires sur la bonne foi de votre race ? Les votres nous mentent-ils
vraiment ?
- Chéri enfin ! sortit Kevena. Ce sont des serviteurs de Kyalla ! Leurs paroles ne pourraient être mises en doute. Et tu connais leur réputation de toujours
dire la vérité quoiqu'il arrive, non ?
- Oui....Je..... (soupir) Pardonnez-moi d'avoir dit ça Meranne. J'espère que je ne vous ai pas vexée ?
- Non, rassurez-vous. Et à vrai dire je comprend vos doutes concernant notre race. Nous parlons si peu de nous qu'il est normal que vous n'ayez pas totalement
confiance. J'aimerais tellement pouvoir vous parlez plus en détails de... ce que votre fille à décrit mais... je ne peux pas, je ne doit pas...
- Partez sans crainte, nous vous faisons confiance ! dit Kevana. Je sais que vous soignerez Fennmèn quoiqu'elle puisse avoir !"
Meranne avait toujours été étonnée par la confiance que prodiguait certain vulpes envers leur race... mais elle était encore plus étonnée par leur naïveté
et leur crédulité par moments. Toutefois, la phrase qu'elle sortit en guise de réponse lui venait droit du coeur :
"Je la protègerais, jusqu'à la dernière goutte de mon sang."
Sur ces mots, elle ouvrit la porte de l'entrée, fît un dernier au revoir d'un signe de la tête puis disparut dans la nuit froide et silencieuse.
Hern referma la porte derrière elle et revint près de sa femme pour lui demander :
"Tu crois vraiment qu'on peut lui faire confiance ?"
Kevana, qui n'avait pas quittée son sourire, lui répondit :
"Bien sûr ! Tu à encore des doutes sur sa bonne foi ?
- Un peu, oui.
- Moi, je lui fais confiance. Tu à vu comme elle à rassuré Fennmèn tout à l'heure ? Pourquoi l'aurait-elle fait si elle n'appréciait pas vraiment notre
fille ? C'est une servante de Kyalla, ne l'oublie pas.
Qu'importe ce que disait sa femme, le vulpes avait toujours un doute quand à la franchise de la guerrière. Il n'était pas aussi crédule et pieux que son
épouse, il savait que faire parti de la même religion n'empêchait pas certaines personnes de faire des coups en traitre ou de mentir.
Pourtant, les paroles de la dasypéènn étaient sincères. Meranne pensait vraiment ce qu'elle venait de dire.
Tout en marchant dans les ruelles sombres, elle ressassait sans cesse ce que Fennmèn lui avait décrit. En particulier le message que l'enfant lui avait
répété.
Certains événements allaient recommencer. Et cette fois-ci, personne n'y échapperait.
Après une longue marche elle arrivait enfin chez elle, une maison toute simple, les dasypéènn n'ont pas besoin de grands palaces. Il fallait qu'elle dise
tout cela à quelqu'un, et ce quelqu'un c'était son compagnon. Elle se doutait bien qu'à cette heure-ci, il ne dormait pas. Il était probablement en train
de faire quelques expérimentations sur toutes les choses qu'il étudiait de fond en comble. Et elle ne se trompa pas.
Après qu'elle fût entrée, elle trouva Dérèmme prèt de son bureau. Eclairé d'une bougie, il était en train d'examiner à la loupe une plante qui ressemblait
à un simple brin d'herbe.
Meranne sortit :
"Qu'est ce que tu étudie, mon protecteur ?
- Une herbe nommée "Fourrure de déesse", répondit-il sans même lever les yeux, ainsi appelée par nos amis les felis en raison du fait qu'elle serait aussi
douce que la fourrure de Kyalla. Pas étonnant qu'il l'ai nommée comme ça quand on sait qu'ils sont assez pieux ces félins. Peut-être cette plante pourra
être utile à notre peuple d'une quelconque façon ? Il parait qu'elle aide à la digestion et qu'elle peut soigner certains poisons."
Tout en l'écoutant, Meranne avait déposée ses armes sur le ratelier et avait commencée à enlever son armure de cuir qu'elle avait portée toute la journée.
Elle annonçat :
"La petite que je suis allée voir tout à l'heure m'a délivrée un message.
- Quelle petite ? Ah oui, l'une des zerdas sur qui tu veille ?
- Oui, l'une de celles-ci.
- Et de qui était ce message et que disait-il ?"
La guerrière hésita un instant puis répondit :
"Le sang des innocents sera versé et il souillera votre perfection au plus profond de votre être"
Dérèmme se figea soudainement. Il n'était pas sûr d'avoir bien entendu ce qu'il avait cru entendre et quand il se retourna vers Meranne et qu'il vit son
air grave, il sut que son ouïe ne lui avait pas joué un tour.
"Pas la peine de me dire qui à donné ce message à la petite.... Le style est facilement reconnaissable."
Un silence pesant s'installa dans la pièce. Meranne s'était assise sur le lit et regardait son conjoint avec une pointe d'inquiétude. Ce dernier semblait
réfléchir intensément. Parfois, il marmonnait des paroles qui ressemblaient à des réflexions à hautes voix.
La femelle n'aimait pas voir Dérèmme comme ça, il avait vécu tellement de choses dans sa longue vie que parfois elle sentait que de lointains souvenirs
le hantaient toujours. Elle savait qu'il avait vécu des choses abominables, dont la Purge, à laquelle il avait lui même participé.
Il était bien plus agé qu'elle mais cela ne gênait ni l'un ni l'autre car c'était très commun chez leur race, les mâles vivant presque trois fois plus
longtemps que les femelles.
Elle laissait donc son mâle, plus expérimenté, évaluer la situation. Tout en pensant à ce qu'elle avait vécue aujourd'hui, elle enleva le reste de son
armure de cuir, ainsi que le reste de ses vêtements.
Dérèmme finit par déclarer :
"Nous en parlerons demain avec nos compatriotes à la caserne. Nous allons devoir avertir ceux qui sont restés chez nous aussi. Peut-être enfin ceux de la
branche de la diplomatie en parlerons aux autres races maintenant que ce que nous craignions est une certitude.
- Et.... les Felisaènn ? hésita Meranne. Comment vont-ils réagir à ton avis ?"
Le mâle lacha un profond soupir :
"Très mal, il n'y à aucun doute là-dessus. Les Zerdaènn, eux, ne voudront pas nous croire. Cela va être un vrai choc pour ces deux races."
Le tatou vint s'asseoir sur le lit près de celle qu'il aime. Il prit ses mains dans les siennes.
"Je sais que tu t'est attachée aux enfants à qui tu rend visite. Nous chercherons un moyen d'empêcher qu'ils ne soient souillés... et avec l'aide des autres
races nous y arriverons peut-être mais.... tu sais ce qui va leur arriver...."
Des pleurs commencaient à monter aux yeux de la kiles.
"Je m'étais faite à l'idée dans le cas ou ce que nous soupçoniont soit avéré mais maintenant que c'est le cas.... je ne peux plus m'empêcher de penser
à eux.... Fennmèn, Jynnèr, Klem.... pourvu que nous trouvions un moyen d'empêcher cela.
- Nous le trouverons, nous ne resterons pas les bras balants en attendant qu'une troisième race succombe à cette ignominie !
Plusieurs larmes perlaient le long des joues de Meranne. Elle regarda Dérèmme intensément et le mâle vit dans ses yeux un regard qu'il connaissait bien.
Il signifiait "Fais moi oublier tout cela. Sers-moi dans tes bras..... Aime-moi"
Les deux dasypéènn profitèrent de ce moment de quiétude. Le genre de moments qui manqueraient dans l'avenir. Car que les autres races se rallient à
eux ou non, une guerre approchait. Une guerre comme seul les dasypéènn la connaisse. Une guerre comme la surface n'avait jamais vécue.
Et cette fois-ci, personne n'y échapperait.
Category Story / Fantasy
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