This evening I rediscovered this masterpiece from 1936.
The first time I watched this movie I was maybe 6 years old.
I was definitively too young to fully appreciate Chaplin's genius!
And 77 years later, the subject is still topical...
The first time I watched this movie I was maybe 6 years old.
I was definitively too young to fully appreciate Chaplin's genius!
And 77 years later, the subject is still topical...
Category Artwork (Digital) / All
Species Rat
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Pour ma part, je trouve les films de Charlie Chaplin plus tristes que vraiment drôles... C'est vrais qu'il y a des gags anthologiques mais, globalement, ses histoires sont plus douces-amères que réellement hilarants.
C'est peut-être pour ça que la plupart des comédies me paraissent un peu ratées la plupart du temps : beaucoup de réalisateurs cherchent absolument à faire rire du début jusqu'à la fin... Chez Chaplin, il y a fréquemment des moments pas drôles du tout. La vie est cruelle, mais il y avait une vraie gentillesse et une solide lucidité chez Chaplin...
C'est peut-être pour ça que la plupart des comédies me paraissent un peu ratées la plupart du temps : beaucoup de réalisateurs cherchent absolument à faire rire du début jusqu'à la fin... Chez Chaplin, il y a fréquemment des moments pas drôles du tout. La vie est cruelle, mais il y avait une vraie gentillesse et une solide lucidité chez Chaplin...
Le désespoir et la mélancolie donnent toujours plus de profondeur à la comédie, par exemple la scène culte de la cuisine dans Les Tontons Flingueurs de Lautner, où, au delà des répliques savoureuses, des mimiques hilarantes ou les sous-entendus (on n'ose même plus s'imaginer ce qu'ils ont bien pu foutre dans l'alambic pour fabriquer leur gnôle destinée au marché noir vingt ans plus tôt) cette scène représente des vieux qui ne sont plus dans le coup, confiné dans une petite cuisine (tandis que le reste de la maison est investi par des jeunes qui font la fête) et ne parvenant à trouver refuge que dans leur souvenir (et accessoirement dans l'alcool qu'ils produisaient à l'époque). Chaplin fait partie de ceux qui ont compris avant tout le monde que l'humour n'est pas forcément censé faire rire. Le Dictateur ou encore Monsieur Verdoux (sans aucun doute mon film préféré de Charlie Chaplin) peuvent par moment frôler le malaise : la scène burlesque et poétique du ballon et à la fois terrorisante et profondément triste.
D'ailleurs, à l'origine, je ne voulais pas illustrer cette scène mais la précédente (la complexité de la chose m'a vite fait déchanter) à savoir celle de la "machine qui optimise la pause déjeuner", qui est d'une cruauté assez poussée et plutôt proche de l'esprit de ce que j'aime dessiner. Je revois les ingénieurs impassibles essayant de trouver le problème dans leur machine et ne voyant pas les souffrances du pauvre Charlot coincé dedans... Ce dernier finit d'ailleurs par dévisser complètement par la suite.
D'ailleurs, à l'origine, je ne voulais pas illustrer cette scène mais la précédente (la complexité de la chose m'a vite fait déchanter) à savoir celle de la "machine qui optimise la pause déjeuner", qui est d'une cruauté assez poussée et plutôt proche de l'esprit de ce que j'aime dessiner. Je revois les ingénieurs impassibles essayant de trouver le problème dans leur machine et ne voyant pas les souffrances du pauvre Charlot coincé dedans... Ce dernier finit d'ailleurs par dévisser complètement par la suite.
C'est drôle : ta vision des Tontons Flingueurs me rappelle un papier que Jean-François Kahn avait fait récemment paraître dans le journal Le Soir. Je suppose qu'il fait publier en Belgique les avis qu'il ne peut pas faire publier en France ? ^^
Enfin, pour lui, le fait que ce film soit devenu culte en France lui paraissait symptomatique d'un certain courant de pensée dominant...
Pour ma part, je n'ai jamais éprouvé de malaise vis à vis de cette scène de beuverie dans la cuisine (que je trouve toujours hilarante). Le problème, je crois, se résume au fameux « fossé des générations »... Je jette pas la pierre aux anciens qui préfèrent rester entre eux. ; je me souviens qu'à 20 ans, je ne recherchais pas la compagnie des « vieux » qui avaient déjà 40 ou 50 ans. On n'est pas de la même génération, et on a pas beaucoup de choses en commun.
Pour en revenir à Chaplin, oui, les scènes que tu cites m'ont profondément marqué quand je les ai découvertes assez jeune (j'avais une dizaine d'années)... La mythique scène du ballon reste un grand moment de cinéma. Le dictateur Adenoid Hynkel est un personnage à la fois méprisable et pitoyable, dévoré par une soif de toute-puissance infantile. On a l'impression de voir un gosse dont le rêve est de tout posséder et de tout diriger... Bref, un leader sans sagesse. Et on ne peut que plaindre ce gars qui va poursuivre un rêve impossible (et, en même temps, craindre qu'il ne fasse sombrer beaucoup de choses à cause de son ambition).
Enfin, pour lui, le fait que ce film soit devenu culte en France lui paraissait symptomatique d'un certain courant de pensée dominant...
Pour ma part, je n'ai jamais éprouvé de malaise vis à vis de cette scène de beuverie dans la cuisine (que je trouve toujours hilarante). Le problème, je crois, se résume au fameux « fossé des générations »... Je jette pas la pierre aux anciens qui préfèrent rester entre eux. ; je me souviens qu'à 20 ans, je ne recherchais pas la compagnie des « vieux » qui avaient déjà 40 ou 50 ans. On n'est pas de la même génération, et on a pas beaucoup de choses en commun.
Pour en revenir à Chaplin, oui, les scènes que tu cites m'ont profondément marqué quand je les ai découvertes assez jeune (j'avais une dizaine d'années)... La mythique scène du ballon reste un grand moment de cinéma. Le dictateur Adenoid Hynkel est un personnage à la fois méprisable et pitoyable, dévoré par une soif de toute-puissance infantile. On a l'impression de voir un gosse dont le rêve est de tout posséder et de tout diriger... Bref, un leader sans sagesse. Et on ne peut que plaindre ce gars qui va poursuivre un rêve impossible (et, en même temps, craindre qu'il ne fasse sombrer beaucoup de choses à cause de son ambition).
FA+

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